Niki de Saint Phalle French, 1930-2002
H 109 x 39 3/8 x 4 in
Textes
Version bleue
« La réinterprétation d’une carte des tarots
Le Pendu est librement inspiré par la carte XII du tarot de Marseille. Avec cette représentation du Pendu, l'artiste reste assez fidèle à la carte, contrairement à ses versions de L'impératrice ou de La Justice également présentes dans l'exposition et beaucoup plus imaginaires.
Comme sur la carte du tarot, le jeune homme pendu est suspendu par le talon. Malgré cette position inconfortable, aucune grimace de douleur ou d'inconfort ne vient perturber son expression impassible. Les jambes croisées, l'une tendue, l'autre pliée, les bras derrière le dos, sont d'après les Tarots, la figuration d'un triangle inversé surmonté d'une croix, le symbole de l'accomplissement du Grand Œuvre alchimique. Les mains sont normalement attachées dans le dos du pendu afin de l'empêcher de se libérer et d'agir. Ici, Niki de Saint Phalle n'a pas pu les représenter mais on peut les deviner par la position des bras.
Le Pendu est aussi représenté par l'artiste dans son jardin de Garavicchio. Celui-ci en est d'ailleurs l'un des modèles. Dans le jardin italien, son aspect est très proche par les couleurs et la répartition des masses de cette sculpture, mais n'est pourtant pas représenté sous la forme d'une Skinny, pas même celle d'une sculpture. Il est en effet directement peint sur le tronc de L'Arbre de vie, nom donné à l'œuvre mais faisant également référence à une autre carte.
La signification du Pendu
D'après les Tarots, cette carte est le symbole du sacrifice du corps ou de l'esprit, du don de soi. Si l'artiste est restée relativement fidèle à la représentation formelle du Pendu dans sa source d'inspiration, elle en a réinterprété le symbole à sa façon. [1]»
« Mystérieux et ambigu, le pendu est suspendu par son pied. Qu'est-ce que ça veut dire ? Il est dans la position de visionner le monde à l'envers, donc d'une nouvelle manière. Cette carte représente aussi la compassion.[2] »
[1] MUSÉES D’ANGERS, Journal de l’exposition - Niki de Saint Phalle, 1930-2002, cat. exp. [Angers, Musée des Beaux-Arts, 19 juin – 15 septembre 2004], Angers : musées d’Angers, 2004, p. 6.
[2] PIETROMARCHI, Giulio et SAINT PHALLE, Niki de, Le Jardin des Tarots. Niki de Saint Phalle, Lausanne : Éditions Acatos, 1999, p. 30.
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