Irma Blank German, 1934-2023
-
-
Biography
Irma Blank was born in Celle, Germany, in 1934. In 1955, she moved to Sicily, where she held her first solo exhibition in Syracuse in 1965. She later settled in Milan, where she continued her artistic explorations for the rest of her life.
On paper, on canvas and in books, Blank developed a body of work that borrows the forms and structures of writing while freeing the sign from meaning. Her asemantic writings evoke texts without offering a language to decipher. Gesture, its duration and its repetition become the elements of a visual language that registers the presence of the body.
From the late 1960s onwards, the Eigenschriften, conceived as writing addressed to herself, take the form of pages covered in fine lines. Their variations and irregularities create a visual rhythm reminiscent of a text. The organisation of the page remains recognisable, yet the marks elude linguistic conventions. In the Avant-testo works, the gesture becomes denser and more agitated, lending a different intensity to this exploration of the origins of writing.
The bodily dimension of her work extends into sound and performance. In 1977, at Galleria Milano, she used a tape recorder to reproduce the sound of her gestures on the surface, an exploration she would call script music. In 1979, in a Roman bookshop, she gave a phonetic reading of her asemantic writings, lending a vocal presence to signs devoid of codified meaning.
With the Radical Writings, the relationship between writing and the body centres on breathing. The subtitle Schriftzug = Atemzug establishes an equivalence between the written stroke and the breath: the length of each line is determined by the duration of an exhalation. Each gesture thus becomes a measure of lived time, transforming the painted surface into a record of a vital rhythm.
Having participated in documenta 6 in 1977 and the Venice Biennale in 1978, Irma Blank returned to the latter in 2017. The retrospective Blank was presented at MAMCO in Geneva in 2019–2020, followed by CAPC in Bordeaux in 2020. Her works are held in collections including those of the Centre Pompidou, MAMCO and Museion in Bolzano. Irma Blank died in Milan in 2023.
-
Works
Irma Blank German, 1934-2023
Eigenschriften, Pagina 67, 1970Pastel sur papierH 70 x 50 cm
H 27 1/2 x 19 3/4 in
H 74 x 53.5 cm (encadré)
H 29 1/8 x 21 in (framed)
Copyright l'artistIrma Blank nait en 1934 à Celle, en Allemagne. En 1955, elle quitte son pays natal pour s’installer en Sicile où elle présentera sa première exposition à la Galleria La...Irma Blank nait en 1934 à Celle, en Allemagne. En 1955, elle quitte son pays natal pour s’installer en Sicile où elle présentera sa première exposition à la Galleria La Selettiva à Syracuse, en 1965. Plus tard, elle rejoindra Milan où elle a vécu et travaillé jusqu’à la fin de sa vie.
Sur du papier, des toiles ou encore des ouvrages, l’artiste s’est attelée, tout au long de sa carrière, à construire un geste scripteur qui, tout en faisant référence à l’écriture et à l’espace du livre, n’a cessé de chercher à vider le signe de son sens codifié. Ces « écritures asémantiques [1] » suggèrent le lieu, aux confins du logos et de la simple transcription, où le corps et le geste sont réintroduits pour caractériser une présence. Lea Vergine, commissaire d’une exposition milanaise consacrée à l’artiste en 1992, établissait à ce titre un parallèle avec le discours du sémiologue Roland Barthes à ce sujet :
« L’écriture, c’est la main, c’est donc le corps : ses pulsions, ses contrôles, ses rythmes, ses pesées, ses glissements, ses complications, ses fuites, bref, non pas l’âme […] mais le sujet lesté de son désir et de son inconscient. [2] »
Cet engagement du corps, par la répétition d’un geste scripteur chargé d’un sens émanant de l’indéchiffrable, irrigue l’ensemble du travail qu’Irma Blank pense en série : les Eigenschriften (débutées à la fin des années 1960), qu’elle décrit comme « une écriture adressée à elle-même [3] » consistent en des pages emplies de lignes fines rappelant un texte, dont le tracé est rythmé par de nombreuses variations et imperfections, et dont la langue est incompréhensible. Au-delà de la main, que l’on voit devenir plus chaotique et convulsive dans ses Avant-testo, l’artiste a bien souvent renforcé la dimension corporelle de son œuvre, en faisant appel à d’autres sens et d’autres organes : en 1977, à la Galleria Milano, Blank utilise pour la première fois un magnétophone afin de restituer le « son de l’écriture4 » qu’elle appellera par la suite script music. Dans cette lignée, elle livrera également une performance dans une librairie à Rome, en 1979, consistant en une lecture phonétique de ses écritures asémantiques.
Peut-être traduisant mieux encore l’élan vital que constitue pour Irma Blank l’écriture, sa série Radical Writings (Schriftzug = Atemzug) établit par son titre une équivalence entre le signe écrit et le souffle. « Dans ces Schriftzug = Atemzug, ma limite est de 130 cm, non pas parce que je ne peux pas tracer une ligne plus longue, mais parce que ma respiration m’impose cette limite. [5] » Cette série, proposant l’écriture comme pneuma, est exposée pour la première fois en 1988 dans un solo show à Spazio Temporaneo à Milan.
Dès les années 1970, Irma Blank participe à des événements majeurs de l’avant-garde internationale, notamment à la Documenta 6 de Kassel en 1977 et à la 38e Biennale de Venise en 1978. Son œuvre intègre progressivement d’importantes collections publiques, notamment celles du Centre Pompidou, du MAMCO de Genève et du Museion de Bolzano. Après une période de moindre visibilité, elle connaît une importante redécouverte institutionnelle à partir des années 2010, avec notamment sa participation à la Biennale de Venise en 2017, puis la rétrospective Blank, présentée au MAMCO de Genève en 2019–2020 et au CAPC de Bordeaux en 2020.
Irma Blank décède en 2023 à Milan.
NOTES
1. DORFLES, Gillo, Le scritture asemantiche di Irma Blank dans VERGINE, Lea (et al.), Irma Blank, blue carnac e storie e simili, cat. exp. [Milan, Padiglione d’Arte Contemporanea di Milano, 8 octobre – 8 novembre 1992], Rome : Leonardo – De Luca Editori, 1992, p. 13.
2. BARTHES, Roland, « Roland Barthes contre les idées reçues », entretien avec Claude Jannoud, Le Figaro,
27 juillet 1974.
3. PASTORE, Cristina, Intervista con l’artista, thèse, Brera Academy of Fine Arts, Milan, 1989-1990.
4. VERGINE, Lea, Irma Blank, blue carnac e storie e simili…, p. 51.
5. PASTORE, Cristina, Intervista con l’artista, thèse, Brera Academy of Fine Arts, Milan, 1989-1990.
1of 5Exhibitions
