Mimmo Rotella Italien, 1918-2006

  • Biographie

    Mimmo Rotella naît à Catanzaro, en Italie, en 1918. Fasciné dès l’enfance par le cinéma, il étudie au lycée artistique de Naples avant de s’installer à Rome en 1945.

     

    Après un séjour aux États-Unis, il retourne à Rome et réalise, au début des années 1950, ses premiers « décollages ». Parcourant les rues, il prélève sur les murs des affiches de cinéma, de publicité ou de propagande politique, qu’il déchire et réassemble dans son atelier. Ces fragments deviennent la matière de compositions d’abord abstraites, où les superpositions et les lacérations restituent les traces de la vie urbaine. L’affiche, support éphémère de communication, devient ainsi le matériau central de son œuvre.

     

    À la fin des années 1950, Rotella réintroduit la figure dans ses compositions. Il prélève des affiches entières dont il déchire des parties choisies, faisant apparaître les grandes icônes de la culture populaire, parmi lesquelles Marilyn Monroe, Elvis Presley et Elizabeth Taylor. Entre apparition et effacement, ses œuvres transforment les images familières en surfaces fragmentées, où les visages, les lettres et les slogans se mêlent.

     

    Au début des années 1960, il rejoint le Nouveau Réalisme à l’invitation de Pierre Restany. Installé à Paris en 1965, il se rapproche des affichistes Raymond Hains et Jacques Villeglé. Il explore également les procédés de reproduction mécanique de l’image sur toile, notamment dans le cadre du Mec-Art, poursuivant ses recherches sur les rapports entre culture de masse et création artistique.

     

    Établi ensuite à Milan, Rotella développe au début des années 1980 les Blanks, des affiches partiellement recouvertes de papier uni. Ces œuvres évoquent l’occultation des publicités à l’expiration de leur contrat d’affichage. Après avoir été lacérée puis reproduite, l’image est désormais masquée : privée de sa fonction de séduction, elle révèle son caractère provisoire. À cette économie de moyens succèdent les sovrapitture, dans lesquelles l’artiste intervient à la peinture sur des affiches déchirées, ajoutant signes, figures et mots à leurs surfaces.

     

    Son travail est notamment présenté dans les expositions High and Low au MoMA en 1990, Italian Metamorphosis au Guggenheim de New York en 1994 et Face à l’histoire au Centre Pompidou en 1996. Le MAMAC de Nice lui consacre une rétrospective en 1999. Ses œuvres figurent dans les collections du MoMA, du Guggenheim et du Centre Pompidou. Mimmo Rotella décède à Milan en 2006.

  • Œuvres
  • Expositions