Betty Danon Turkish, 1927-2002
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Biography
Born in Istanbul in 1927 as Beky Aluf, Betty Danon studied miniature painting before turning to jewellery and clothing design. She settled in Milan in 1956, where she developed an artistic practice combining collage, painting, writing and visual poetry.
Inspired by Jungian symbolism and Eastern philosophies, she initially explored the relationship between the circle and the square, seeking a progressive reduction of forms. This approach, articulated in her Dichiarazione di poetica in 1972, continued in around fifty “atonal paintings”, abstract works characterised by soft colours and a strong spiritual dimension. Their designation already signalled her interest in sound and music.
During the 1970s, Betty Danon reduced the circle and the square to the point and the line, which became the fundamental elements of her visual vocabulary. In her artist’s book Punto – linea (1976), she composed lines from the word “line”. Transposed onto musical staves, these explorations gave rise to asemantic scores in which signs form a silent musical language. With Migratory code (1978), she notably evoked her journey from Turkey to Italy through pattern rather than sound.
Her scores brought her international recognition, while her practice expanded into performance. At the 1978 Venice Biennale, she presented Memoria del segno sonoro: writing in invisible ink, she first brought her text into existence solely through the sound of the pen on paper, before revealing its signs in blue ink. The following year, she participated in the exhibition Sound at P.S. 1 Contemporary Art Center in New York. Moving between asemantic and automatic writing, she conceived of writing as an autonomous visual language, freed from its communicative function.
From the 1980s onwards, Betty Danon withdrew from the art world while continuing her experiments. She published artists’ books and developed a sustained Mail art practice, exchanging works with Irma Blank and Tomaso Binga, among others. In the 1990s, she began working with digital tools, giving rise to the series Computer poems (1991).
Betty Danon died in Milan in 2002. Her work has since been featured in group exhibitions at institutions including Museion in Bolzano (2019), the Centre d’Art Contemporain Genève (2020) and Mudam Luxembourg (2024).
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Works
Betty Danon Turkish, 1927-2002
Senza titolo (scrittura automatica), c. 1980Pastel sur papierH 48 x 65 cm (sans cadre)
H 18 7/8 x 25 5/8 in (unframed)
H 50,5 × 68,5 × 3 cm (encadré)
H 19 7/8 x 27 x 1 1/8 in (framed)
Copyright l'artistBeky Aluf est née en 1927 à Istanbul, en Turquie. Après avoir étudié l’art ancien de la miniature, l’artiste a consacré ses premières années à la conception de bijoux et...Beky Aluf est née en 1927 à Istanbul, en Turquie. Après avoir étudié l’art ancien de la miniature, l’artiste a consacré ses premières années à la conception de bijoux et de vêtements. Mère de deux filles et épouse de Maurizio Danon, un imprimeur italien, elle déménage à Milan en 1956 où elle débutera une carrière artistique sous le pseudonyme « Betty ».
Dans un premier temps, Betty Danon développe une approche conceptuelle du collage, de la peinture, de l’écriture et de la « poésie visuelle [1] ». Très inspirée par la symbolique jungienne et les philosophies orientales, l’artiste tisse au gré de ses œuvres une dialectique d’opposition entre le cercle et le carré qui matérialise une recherche s’articulant autour de la « raréfaction de l’image-matière [2] », à laquelle elle donne notamment une assise théorique dans sa Dichiarazione di poetica (1972).
Entre 1972 et 1973, Betty Danon prend momentanément de la distance vis-à-vis du collage pour livrer une cinquantaine de « peintures atonales », un terme faisant référence à la douceur des couleurs employées pour composer des œuvres abstraites à la forte dimension spirituelle. Ce terme, rarement utilisé pour qualifier la peinture, préfigure déjà l’intérêt croissant de l’artiste pour la sphère du son et de la musique.
Mettant à nouveau de côté la peinture, Betty Danon réduit progressivement les motifs du cercle et du carré au point et à la ligne : cette théorie du « dot-line » est mise en exergue dans un ouvrage d’artiste de 1976, Punto – linea. Dans une démarche tautologique extrême, Betty Danon emplit les pages de lignes tracées à l’aide du mot « ligne ». C’est tout naturellement qu’elle reporte, à la même période, son système de point et de ligne sur des portées musicales, dans le cadre de travaux désignés comme des « partitions asémantiques ». L’artiste développe un langage musical silencieux, à l’aide de ses sound lines [3], qui décrit par exemple, par le motif et non par le son, son parcours de la Turquie à l’Italie, dans une œuvre intitulée Migratory code (1978).
C’est avec ses partitions Astratte que Betty Danon se fait connaître sur la scène internationale ; mais tout comme Irma Blank, l’artiste a dépassé le seul domaine des arts visuels et s’est livrée notamment, en 1978, à une performance, Memoria del segno sonoro, dans le cadre de la biennale de Venise, qui vient entériner son intérêt certain pour la dimension sonore de son œuvre. Assise devant un bureau, Danon écrit mécaniquement sur du papier un texte à l’encre invisible. Son écriture, indéchiffrable puisqu’absente, n’existe que par le vecteur du son de la plume sur le papier. Dans un second temps, à l’aide d’un pinceau, elle passe une couche d’encre bleue sur son travail dont ressurgissent soudainement les signes codifiés du langage écrit. Le développement de cette dialectique aux confins du son et du figuratif conduira par ailleurs Betty Danon à participer en 1979 à l’exposition Sound organisée au P.S. 1 Contemporary Art Center de New York.
En parallèle, Betty Danon poursuit une production visuelle très riche tandis qu’elle développe une pratique dont le caractère typographique demeure au centre. L’artiste perpétue ses écritures asémantiques et s’adonne également à l’écriture automatique, entérinant définitivement l’utilisation de l’écriture, non comme vecteur de transmission mais comme véritable langage plastique.
Au début des années 1980, Danon se retire du milieu de l’art mais poursuit dans l’intimité, jusqu’à la fin de sa vie, sa grande expérimentation. Elle publie des livres, parmi lesquels 7 hermetic poems for 7 rainy days (1987) [4] et développe à la même période une pratique régulière du Mail art qui donnera par exemple naissance à de nombreuses collaborations à distance avec d’autres artistes parmi lesquelles Irma Blank et Tomaso Binga.
Enfin, si Betty Danon a, au cours de sa carrière, d’abord fait l’usage régulier d’une machine à écrire, elle s’intéresse, durant la dernière décennie de sa vie, à la création assistée par ordinateur. En effet, elle s’empare dans les années 1990 du Macintosh de sa fille pour procéder à de nouvelles expérimentations artistiques dont naît notamment la série Computer poems (1991) [5]. Elle décède à Milan en 2002.
Le travail de Betty Danon a été montré, ces dernières années, dans le cadre de grandes expositions collectives au Mudam du Luxembourg en 2024, au Centre d’art contemporain de Genève en 2020, ou encore au Museion de Bolzano en 2019, tandis qu’elle est exposée régulièrement, depuis près de 50 ans, dans de nombreuses galeries d’art.
NOTES
1. BEAUMONT, Sarah (dir.) et COTTON, Michelle (dir.), Radical software : women, art & computing 1960-1991, cat. exp. [Luxembourg, Mudam Luxembourg – Musée d’Art Moderne Grand-Duc jean, 20 septembre 2024 – 2 février 2025 ; Vienne, Kunsthalle Wien, 28 février – 25 mai 2025], Luxembourg : Mudam Luxembourg - Musée d’Art Moderne Grand-Duc jean ; Vienne : Kunsthalle Wien ; Cologne : Walther und Franz König, 2024, p. 211.
2. BELLINI, Andrea et LOMBARDI, Sarah (dir.), Écrire en dessinant : quand la langue cherche son autre, cat. exp. [Genève, Centre d’art contemporain, 29 janvier – 23 août 2020], Paris : Skira ; Genève : Centre d’art contemporain ; Lausanne : Collection l’art brut, 2020, p. 253.
3. LAFER, Isle, Deculturalize, cat. exp. [Bolzano, Museion Bozen, 13 avril – 13 novembre 2019], Milan : Mousse Publishing, 2020, p. 114.
4. Ibidem, p. 128.
5. BEAUMONT, Sarah (dir.) et COTTON, Michelle (dir.), Radical software : women, art & computing 1960-1991…, pp. 150-152, 207.
Exhibitions
